mercredi 9 février 2011

Soupir #2

Sous ta paupière, la tiédeur
De ton œil s'écoule en plis
Où j'aime à loger
                      Les froids
                              de ma pensée...


Août 2010

Soupir #1

De tous mes délires
L'odeur de ta peau
Est le plus beau
Et le pire
    Tu dors
               je te regarde
                               et soupire...


26.11.2009

Sans Titre


La peau de l'allié
  Est douce
Et son bras est fort

A l'aube, sa voix
  Est tiède
Le soir, sa main, encore

Va & vient, frôlant
  Les plaies
Sa lèvre endort

  Un silence
    Un sourire


Mai ou juin 2010

La Blanche


Elle n'a plus les mains, la Blanche
Elle n'a plus la peau
Et dans la poussière, la branche
Traîne ses lilas à les rendre gris

      Alors, de ses yeux de terre
        Elle embrasse le monde


Elle est en voyage, la Blanche
Elle est sur la route
Et dans la poussière, la branche
Gratte ses lilas à les rendre noirs

      Alors, de ses yeux amers
        Elle écrase le monde


Qu'elle meure, la Blanche !
Et qu'elle en souffre
Car dans la poussière, la branche
Sans le lilas se trouve nue

      Alors de mes yeux de fer
        Je perce le monde


Et de goutte en goutte, le monde
De tache en tache
Pour punition s'écoule & ronge
Dans la poussière, la branche & sa trace

      Alors, sous mes yeux de lierre
        Le monde engendre le monde
     Et la Blanche évanouie
        S'éveille sans ses mains


Octobre 2010

Chant pour deux Poètes


Pèse sur mon corps
Fais plier mon dos
Sous le poids de la joie
Comme des maux
Me rappelle combien peu
Suis reconnaissant
De ce cher trésor
Que sont les mots
       Fais peser la peine
       Alourdis ce doux fardeau
       Comme Verlaine aimait Rimbaud

Pèse sur mon âme
Fais gémir de haine
Mon cœur trop calme
Ma vie sereine
Donne la chasse
À mes souvenirs
Loin arrière les laisse pourrir
Pour élever en leur place
       Les temples ardents
       De la pensée diluvienne
       Comme Rimbaud aimait Verlaine

Pèse sur mon génie
Va & viens
En moi dévastant
L'édifice des fantaisies
Propres à l'enfant
Viens t'abattre en pluies
Sur le petit éclat
De mes petits feux
       Et faire fleurir
       En mes nuits des flambeaux
       Comme Verlaine aimait Rimbaud

Pèse sur mon cœur
Trop tendre
Parce que trop vieux
Viens t'ébattre en ma mémoire
Et jamais ne meures
Que ton rire toujours éteigne
Les brefs soupirs
Les longues heures
       Va maintenant
       Et par ce monde me traîne
       Comme Rimbaud aimait Verlaine



25.11.2006

mardi 8 février 2011

Le Kafké

    De ma vie, jamais je n’eus affaire, de près ou de loin, au monde de la littérature. Jamais ma route ne daigna croiser la sienne – et inversement. Jamais rien, autre qu’une ignorance mutuelle, ne nous lia.

    Un auteur, pourtant, sut transgresser cette constante & venir s’imposer en maître absolu de ma sensibilité, et bientôt de ma réflexion.
Très loin de générer en moi une quelconque passion, – qu’elle fût littéraire, artistique, esthétique, philosophique, ou même simplement humaine – il régnait chez moi par le pouvoir de l’obsession ; graphique. Son nom. Sans pitié, sans questions – et sans remords, certainement – son nom attrapa mon œil & y mit le feu, me condamnant ainsi à ne jamais plus ni vivre, ni penser sans qu’il fût là pour ordonner ses couleurs à mon existence. Aucune résistance n’était possible, aucune lutte. A peine son nom, déposé au hasard d’une page, glissait-il sous ma pupille, que mon corps, tout entier envoûté, en chœur avec ma volonté corrompue, se liguait contre ce qui dût être autrefois mon libre-arbitre. Le pouls accélérait, la sueur par tous les pores perlait, la chair se faisait le terrain de jeu de toutes les nuances du frisson, et mes mains en avant, se tendaient, se jetaient vers l’objet portant ce nom diabolique & inexplicable. Ce nom. Ce nom tchèque. Ce nom comme une mitraillette : Kafka.
Un « -k » lourd, mais sec, assommant, assourdissant, sublimé par la plus ouverte des voyelles qu’il propulse vers ses plus hautes sphères, jusqu’à vous rendre fou – la lettre « -a » peut rendre fou. Un « -f » comme un souffle, comme une fausse respiration entre deux quintes de toux, qui se voit complètement détourné de son rôle de sourdine en amplifiant la seconde attaque. Kafka. Kafka ! Double explosion parce que non contrôlée, parce que mal contenue. Il faudrait presque y greffer définitivement un point d’exclamation, pour que l’on en ressente la portée jusqu’à la fin des temps. Kafka !

    Son véritable talent fut de porter, en haut de son front, ce nom extraordinaire & terrible, – tellement à l'opposé de sa personne – et d’avoir su l’inscrire dans la matière rigide de l’Histoire, afin que durant des siècles & des siècles – toute l’éternité peut-être ! – les générations à venir sachent & se souviennent qu’un tel nom a existé. Ce nom. Obsédant ; obsessionnel... ; obsédé de lui-même. Ce nom comme une insulte. Kafka ! Ce nom comme la drogue, comme le café, qui agit sur le cerveau du quidam & s’y infiltre pour faire germer son univers, sa maladie. Pour le « kafker ».

    Dans mon cerveau, voilà bientôt dix ans – dix années, longues comme mille – que la « kafkation » a commencé... Et elle n'en finira pas, tant qu'il y aura en moi matière à dévorer. Je sais tout de lui, et il se venge. Et plus j'en sais, plus fort il se venge... La « kafkation » ! c'est mon mal. Et c'est de lui que je mourrai ; de ce nom.
Je vais mourir ce soir, il me l'a dit. Ce nom. Il va m'achever, finir de me « kafker » & me laisser enfin dormir en paix. Plus de nuits blanches & plus de cris, plus jamais. « C'est moi Kafka ! » & c'est lui qui me tue. Ce nom. Qui n'est pas à moi. Mais que j'aurais voulu...


 21.09.2006

Tadaaaaa !!


Mesdames, mesdemoiselles, messieurs,


   J'ai le plaisir – et l'angoisse – de vous présenter : mon tout premier blog. Ainsi : bonjour^^

   Comme je suppose que la plupart de ceux qui liront ce message me connaissent déjà, je ne vais pas m'attarder à me présenter. En revanche, je peux me fendre d'expliquer succinctement en quoi l'existence de ce blog consiste :

Ici, sur cette page aux couleurs sombres, aux motifs d'un autre temps, si lointain que vous pouvez vous sentir libres de me taxer de ringardise ; ici, sur le web, tout en pixels & en codes, à portée de clic & en proie aux internautes ; ici, donc, je compte publier quelques écrits des miens...

    Bien sûr, je présente cela avec force emphase & affectation. Mais comprenez bien qu'après une lutte acharnée contre moi-même, me voyant – tout ensemble – me révolter du silence & m'indigner de la parole, regardant se confronter en moi l'angoisse de ne jamais être prête à partager mes textes & l'horreur du ridicule... j'ai dû choisir le ridicule (moins fatiguant)

    Quoi qu'il en soit, les dés sont jetés, la page existe... je vais devoir la remplir.

    Je vais, maintenant, conclure en me souhaitant la bienvenue dans le monde des gens qui attendent l'opinion des autres. Longue vie aux Lilas & aux critiques constructives – ou pas – que je récolterai grâce à eux !


Andie